Je réponds à vos questions sur mon couple

Je réponds à vos questions sur mon couple

Mon chéri – Irfan – et moi ça fait 9 ans qu’on est ensemble. On a eu des hauts et des bas et on a vécu plusieurs situations comme vous le lirez plus bas qui auraient pu faire capoter notre couple à maintes reprises. Etre en couple c’est un challenge quotidien, un voyage rempli de moments heureux mais aussi de moments douloureux.

Je vous partage beaucoup de moments avec mon chéri sur Instagram, principalement dans mes Stories et j’ai reçu beaucoup de questions à propos de notre couple et nos secrets pour le faire durer. J’ai reçu une question générale – conseils et secrets – et plusieurs questions précises qu’on va aborder ici dans cet article.

Avant de commencer, je tiens absolument à préciser que je parle de mon expérience personnelle. Je n’ai jamais étudié la psychologie du couple et je n’ai pas le science infuse sur le sujet. Vos expériences et votre opinion seront dès lors peut-être différents. Partagez-les en commentaires car ça peut faire du sens pour d’autres abonné(e)s qui liront cet article. J’espère simplement que partager mon vécu du couple avec vous au travers de nos moments heureux et malheureux pourra vous aider dans votre couple ou votre future relation de couple si vous n’avez pas encore trouvé l’élu de votre coeur.

QUESTION GENERALE: MES CONSEILS ET SECRETS POUR UN COUPLE QUI DURE

Au début d’une relation, quand on pense enfin avoir trouvé “the one”, on vit sur un petit nuage. Certaines relations commencent parfois sur les chapeaux de roues – ce qui n’est pas forcément un mauvais signe comme beaucoup de gens aiment à le penser – mais la plupart du temps, au début tout roule! C’est ensuite, après quelques mois ou quelques années selon chaque couple, que viennent les tracas, les disputes répétitives sur les mêmes sujets, qu’apparaissent les défauts de l’autre qu’on avait complètement pas visualisé au départ, etc. C’est en général à ce moment-là que la grande question se pose: notre couple peut-il tenir sur la durée? Il faut se poser les bonnes questions et surtout faire un choix.

Accepter que la relation change avec le temps – Pour moi, cette acceptation a été extrêmement difficile à gérer. Pendant 3 ans, j’étais vraiment sur un petit nuage avec Irfan. Je vivais littéralement d’amour et d’eau fraîche. C’était tellement fusionnel qu’ensuite j’ai eu beaucoup de mal à accepter l’évolution de notre couple. La passion dure 3 ans ou moins comme on dit. J’aurais pu m’estimer heureuse que ça ait duré 3 ans! Et bien non… Je me rends d’ailleurs compte à l’aube de nos 9 ans que je viens seulement d’accepter ce fait… 6 ans après. J’aurais pu l’accepter plus tôt mais je n’étais pas vraiment consciente que j’avais à faire ce choix et je n’étais pas prête non plus à le faire avant. J’étais en quête de cette perfection du couple et ce n’est que récemment que j’ai finalement réalisé que je devais faire un choix et accepter l’évolution de mon couple avec Irfan. Certes je n’ai plus des papillons dans le ventre comme au premier jour mais j’ai une personne à mes côtés qui m’aime, qui me connait et me comprend de A à Z (la plupart du temps ;-)), qui me soutient dans mon quotidien, dans mes projets, et dans mes moments difficiles. La passion n’est plus la même mais notre relation est tellement plus solide et plus riche. Il y a ce dicton qui dit: “Le couple parfait (mot que je devrais éviter mais c’est la citation qui le dit) est celui qui se parle comme des meilleurs amis, se dispute comme mari et femme, joue comme des enfants et se protège comme frère et soeur“. C’est comme ça que je vois et ressens notre relation aujourd’hui et depuis, j’ai atteint un réel équilibre dans mon couple.

Alors, dans ces moments de doute dans votre couple, rappelez-vous bien de vous poser cette question: Suis-je prête à faire évoluer mon couple et à accepter cette évolution? Vous ne pourrez peut-être pas y répondre immédiatement et c’est normal.

Comprendre comment fonctionne son partenaire et communiquer – Beaucoup de disputes peuvent être éviter si on prend le temps de comprendre comment son partenaire fonctionne et qu’on accepte – à nouveau – que ce dernier ne fonctionne pas comme nous. Irfan et moi nous sommes très différents, on est même carrément des opposés. S’il est vrai que les opposés s’attirent, je vous préviens ça peut quand même faire de belles étincelles… Avec le temps, on apprend à connaitre l’autre mais je dois dire que ce qui m’a vraiment aidé à mieux comprendre Irfan et accepter qu’il est différent c’est le test Myers Briggs.

Ceux qui suivent mes Stories connaitront déjà. C’est une test psychologique qui définit 16 types de personnalité. Le test a pour but de définir comment nous raisonnons et prenons nos décisions. Ce que j’ai découvert avec Irfan c’est que nous sommes une contradiction totale sur ce sujet. Je suis une INFJ et Irfan est un ESPT. Je ne vais pas rentrer dans l’aspect trop technique du sujet ici (pour plus de détails sur la compatibilité INFJ et ESPT, lisez l’article de Psychology Junkie) mais en résumé ce sont les 2 personnalités qui sont le plus aux antipodes l’une de l’autre à première vue. Pourtant, c’est aussi le match le plus courant! Pourquoi? Parce qu’on partage exactement les mêmes fonctions cognitives. La seule différence c’est qu’on les utilise dans un ordre totalement opposé (voir le schéma ci-dessous pour illustrer). Vu qu’on utilise les mêmes fonctions, on se comprend même si ce n’est pas notre manière prioritaire de fonctionner.

Bien sûr, n’allez pas choisir votre partenaire en fonction de sa compatibilité sur base d’un test de personnalité, même reconnu légitime. Plutôt, l’intérêt de ce test c’est de se comprendre soi et surtout comprendre que l’autre fonctionne “instinctivement” différemment. Pour vous donner un exemple, moi je suis introvertie et Irfan est extraverti. Pour me détendre et faire le plein d’énergie, j’ai besoin de moments pendant lesquels je m’isole, et où j’ignore totalement l’existence du monde qui m’entoure à partir de mon fauteuil. Pour se détendre et faire le plein d’énergie, Irfan a besoin de voir des gens, de leur parler, de faire la fête, de socialiser en général etc. Au départ, il n’arrivait pas à comprendre pourquoi j’avais ce besoin de m’isoler, comme je comprenais difficilement qu’il puisse avoir envie de voir plein de gens, qui ne sont que des connaissances et faire du small talk pour se détendre.

Autre exemple: Irfan vit dans le présent. Je n’ai jamais vu une personne être autant dans le présent que lui. Sérieux ça me fait peur, à moi qui me projette constamment dans le futur. J’ai du mal à vivre le moment présent et depuis que je suis avec Irfan j’apprends à le faire et ça me fait un bien fou et lui de son côté apprend avec moi à prendre en compte les implications d’une situation dans le futur. Il se jette un peu moins tête baissée si vous voyez ce que je veux dire. Bref, je pense qu’on s’équilibre d’une certaine façon!

Si ce test vous intéresse, il existe une version gratuite en ligne. Je vous conseille la version payante, officielle si vous pouvez vous le permettre mais le test gratuit est déjà pas mal pour une première approche.

Avoir des moments pour soi – On a tous cet ami qui disparait de la circulation dès qu’il se trouve en relation… Soupir… Oui, ça m’énerve! Déjà parce que je suis en général pas trop ravie de ne plus avoir de nouvelles mais aussi parce que je trouve ça personnellement plutôt malsain. Je comprends, c’est tentant au début d’une relation de disparaitre et d’être fusionnel mais vous allez vous étouffez à un moment ou un autre… Avec Irfan, on a toujours continué à sortir, voir nos amis, nos connaissances. Le seul hic c’est qu’on a eu tendance pendant longtemps à tout faire, absolument tout faire, à deux, à un point où on n’avait plus vraiment de moment pour soi. C’est pas idéal non plus. Il faut avoir des moments rien que pour soi. Ca permet au couple de respirer et d’échanger sur son expérience perso. D’un point de vue plus féminin, sachez que si vous êtes toujours dispo pour lui, à un moment vous allez passer pour acquise et l’attrait d’être avec vous diminuera avec le temps. Soyez indépendantes!

Au final, maintenant j’ai besoin de ces moments rien qu’à moi. Je profite aussi mieux d’Irfan quand je le vois. C’est un peu comme le dicton “Quality over quantity”.

Avoir des moments pour son couple – Après plusieurs années, la routine s’installe, les papillons dans le ventre s’en vont et vient l’ennui. Oui, tous les couples connaissent ça un moment ou un autre. C’est au moment qu’on réalise ça qu’on doit prendre une décision: est-ce qu’on continue? Est-ce qu’on y croit encore? Est-ce qu’on est prêt à faire des “efforts”? Je mets “efforts” entre guillemets car je n’aime pas ce mots. C’est plutôt dans le sens, est-ce que j’ai envie de m’investir dans ma relation pour la faire durer dans le temps.

Avec les années, j’ai découvert que ce qui fonctionnait pour moi et Irfan c’est de nous créer des moments rien que pour nous deux. De nouveau, quality over quantity. Ca peut-être une chose tout bête comme aller au cinéma ou quelque chose de plus conséquent comme faire un voyage dont on rêve à deux depuis longtemps. Il faut se trouver des projets de vie en commun.

Rester qui on est et ne pas vouloir changer l’autre – C’est l’erreur fatale. Vous n’êtes pas avec quelqu’un pour le changer. C’est possible qu’il change avec le temps au travers de la relation car on évolue tous, suite à nos expériences, nos réussites, nos échecs, etc. mais il faut accepter dès le départ que ce défaut qui vous rend et qui fait partie de sa personnalité va plus que probablement rester et empirer avec le temps… Souvent, l’envie de changer un trait de personnalité de son partenaire vient d’un problème de compréhension. On aimerait qu’il soit comme nous, qu’il pense comme nous et ressente les choses comme nous. La plupart du temps ce ne sera pas le cas. Bref, s’il y a des choses qui vous énervent, essayer de comprendre pourquoi (par exemple avec le test dont je vous ai parlé plus tôt). Après ça, demandez-vous si vous pouvez vivre avec ou non, si votre amour est plus fort que cet aspect qui vous dérange.

Accepter que chaque couple est différent – Je reçois beaucoup de messages me disant combien mon couple fait rêver et que j’ai le couple idéal. Ce n’est pas vrai. Rien n’est parfait comme toute chose dans la vie. On a nos hauts et nos bas et j’en parle d’ailleurs plus bas dans cet article. Autour de mois, la plupart des couples qui sont ensemble depuis si longtemps sont mariés, voir même divorcés, avec des enfants. Irfan et moi on est plus ou moins toujours au même stade si ce n’est qu’on vit ensemble. Parfois, je me demande si c’est “normal”. Je réalise que chaque couple a son rythme et j’essaie de ne pas trop me poser de questions. Le plus important à retenir c’est que chaque couple est différent et ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionnera pas nécessairement pour l’autre. Vivez votre couple à votre rythme.

 

QUESTIONS PRECISES

Quelles crises ai-je vécues dans mon couple et comment les ai-je gérées? 

Jusqu’ici je dirais qu’on a eu 3 grosses crises avec Irfan. A chaque fois on a réussi à les résoudre, ce qui nous a renforcé mais aussi fait avancer. La première crise c’était au bout de 3 ans. On dit toujours que 3 ans c’est une grand étape et pour nous c’était le cas. Ca correspondait au moment où je suis revenue des Etats-Unis et qu’on a emménagé ensemble. J’avais pris l’habitude d’habiter toute seule et de le voir beaucoup moins pendant un an. Inutile de vous dire que quand je me suis retrouvée avec lui à la maison “sur le dos” (oui car c’était ça la sensation) ce fut compliqué!

La deuxième crise c’était vers nos 6 ans. Gros chamboulement dans ma vie à ce moment-là car j’étais en plein burn out! J’étais totalement perdue et Irfan ne pouvait pas y faire grand chose. C’était une crise personnelle qui m’a fait remettre tout en question. C’était un moment difficile. Je vais parler spécifiquement de cet épisode dans une question plus bas donc je ne développe pas plus ici.

La troisième crise c’était cette année. Plusieurs d’entre vous avaient remarqué quelque chose d’ailleurs car Irfan était moins présent dans mes stories. On a une la plus grosse crise qu’on ait jamais eu dans notre couple. Presque 4 mois de remise en question. C’était très long quand j’y pense mais c’est qu’on en avait besoin. C’est vraiment la première fois que j’ai considéré tout arrêter. On ne se parlait quasiment plus, sauf pour se disputer de temps en temps sans parvenir à faire évoluer le conflit. Big drama!

Comment on a géré tout ça? Je dirais qu’avant toute chose, il faut réaliser que des crises importantes dans une relation prennent du temps à se résoudre. Avec ces crises, ça passe ou ça casse et quel que soit l’issue de celles-ci, il y a souvent du temps qui passe. Ca ne se règle pas d’un coup de baguette magique. Je suis une grande impatiente dans la vie et je ne supporte pas de laisser un conflit non réglé. Je dirais vraiment que la première étape c’est d’accepter qu’on ne peut pas régler tout tout de suite. On a besoin d’un cheminement pour parvenir à la solution la plupart du temps. On ne parvient pas à une solution sans introspection,  sans prise de recul, etc. C’est le plus important pour moi.

Ensuite, il faut communiquer, sans cesse. Il faut communiquer et même se disputer pour arriver au final au fond du problème. Ce qui est dur je trouve perso c’est que parfois le mal-être dans le couple n’est ressenti que par une personne et il est très compliqué de faire comprendre à l’autre qu’on a besoin d’une évolution ou d’un changement dans son couple. Il ne faut surtout pas s’arrêter de parler car c’est pénible. Une dispute c’est bénéfique. Bref, n’évitez pas le conflit car vous n’avancerez pas.

De mon côté, c’est vraiment l’acceptation que ma relation de couple évolue qui m’a permis de régler notre crise. Je pense avoir vraiment muri dans ma relation depuis lors. C’est dur à expliquer mais j’ai réalisé que 1+1 sera toujours égal à 2, qu’on est différent, qu’on n’a pas les mêmes attentes, les mêmes besoins, qu’on a chacun notre propre identité, notre propre vécu. Nos valeurs sont communes et c’est ça l’essentiel pour moi.

Comment gérer une relation à distance?

Bon là-dessus j’en connais un rayon puisqu’au total Irfan et moi avons vécu une relation à distance pendant 1 an et demi! La première fois pendant un an quand je suis partie faire mon master complémentaire à NYU et la deuxième fois quand je suis partie pour le travail à Londres pendant 6 mois. Autant vous dire, combien j’ai développé une relation “je t’aime moi non plus” avec Skype!

Etre en relation à distance ça teste un couple comme jamais. Il y a bien sûr deux types de séparation: la séparation dès le départ (ce que je n’ai pas vécu) et la séparation par la suite. Quand je me suis retrouvée sans Irfan à New York, big dépression! Je me sentais seule. Dans un nouveau pays, avec des nouvelles personnes, sans aucun point de repère. Au secours. Je n’ai d’ailleurs pratiquement pas mangé pendant 2 semaines. Zéro appétit. Il me manquait trop! Puis les semaines passent et on s’habitue, on s’adapte! Je vous l’ai dit après j’ai du m’habituer à revivre avec lui lol

Je pense que ce qui nous a permis de gérer ça c’est d’abord qu’on se skypait tous les jours. Avec le décalage horaire, croyez-moi c’est pas simple. Quand je terminais les cours et que j’avais du temps pour l’appeler, Monsieur se préparait à sortir et quand il revenait de ses sorties et voulait m’appeler, c’était moi qui n’était pas dispo car je sortais. Je vous passe la mauvaise qualité de la communication Skype aussi qui vous fait vous arracher les cheveux. Mais au final j’avais toujours ce sentiment qu’il était là avec moi. On se “voyait” tous les jours.

Ensuite, il faut avoir confiance dans l’autre. A distance, n’importe quoi peut prendre des proportions énormes! Les tentations sont plus grandes aussi. On se sent seul, etc. C’est vraiment important de faire confiance. C’est vraiment un test d’être séparé et je pense que ça a renforcé notre couple. Je sais que je peux vivre pendant un an en ne le voyant que sporadiquement et qu’on sera toujours là l’un pour l’autre. Ce n’est pas une expérience qui doit forcément vous effrayer. Il faut voir ça comme une opportunité.

Ce qui me semble important de mentionner ici c’est qu’on savait la date de mon retour. Je ne sais pas comment je pourrais gérer une relation à distance sans date de fin. Je pourrais gérer ça si la distance n’est pas trop grande et que je peux le voir tous les weekends par exemple mais par exemple moi ad vitam aux Etats-Unis et lui en Belgique, ça ne fait pas de sens pour moi. Je ne pourrais pas, à moins de mettre certaines règles en place comme par exemple, on se voit “obligatoirement” une fois par mois, etc. J’aurais besoin de développer une routine en quelque sorte.

Comment est-ce que je gère la mixité de culture dans mon couple?

C’est une question qui revient très souvent. Pourtant je n’ai pas le sentiment de devoir “gérer” quoi que ce soit par rapport à ça. Irfan est d’origine indo-pakistanaise. Ses parents sont nés au Pakistan et se sont installer en Belgique juste avant sa naissance. J’ai du remonter assez loin pour trouver des moments chaotiques par rapport au fait qu’il soit d’une autre origine et d’une autre religion.

On croit tous les deux en la tolérance et je suis personnellement toujours heureuse de découvrir de nouvelles choses, de nouvelles façons de faire ou de concevoir. La plupart du temps c’est même plutôt drôle. Je vous montre d’ailleurs ça en stories très souvent, comme la fois où Irfan m’a fait une leçon de morale car j’avais posé mes chaussures à l’envers sur le sol. Parait que ça porte malheur (“ça veut dire que ta maman va mourir” – what? :p). J’adore voyager et connaitre toutes les cultures. Je l’envie même d’avoir des origines différentes de sa nationalité. Je suis “belge belge” comme on dit et souvent j’aime imaginer que j’ai des origines d’ailleurs. Pour moi c’est un vrai plus dans ma relation.

Ce qui est plus compliqué à gérer ce sont les grandes étapes de la vie. Au début, Irfan a pris son temps pour me présenter à ses parents. On ne présente sa nouvelle copine après quelques semaines dans sa culture. En résumé, celle qu’il ramène à la maison c’est la bonne et pour la vie. J’ai pas mal souffert au début car j’avais un manque de reconnaissance. Je pensais qu’il n’assumait pas notre relation. Je n’ai pas la même religion en plus. Ca n’aide pas! Mais ses parents sont hyper ouverts et tolérants. Je pense que c’est lui qui s’est mis la pression tout seul au final! En parlant de ça, savez-vous que quand il a souhaité qu’on emménage, il a mis 6 mois à déménager ses affaires de chez ses parents (et il n’avait que des vêtements à déménager)? Tous les matins il rentrait chez ses parents pour se laver et se changer (on habitait à 500m). Soi disant il n’avait pas le temps. Au bout de 6 mois j’ai du un peu lui mettre un ultimatum et il a finalement pris toutes ses affaires. J’en ai un jour parlé avec sa maman qui m’a expliqué qu’en principe on quitte le foyer pour se marier mais pas avant dans leur culture. Je présume que pour Irfan ces 6 mois était nécessaire pour faire passer la pilule tout doucement. Il ne leur a d’ailleurs jamais dit qu’il déménageait. Inutile de vous dire que ses parents avaitent compris qu’il ne dormait plus chez eux depuis un moment… :p

Pour résumer, je dirais qu’il faut être tolérant vis-à-vis de la culture de son partenaire et accepter que ça puisse mener à des quiproquos. L’essentiel est de communiquer dessus.

Comment mon couple a vécu et tenu suite à mon burn out?

Souvent quand un partenaire va mal dans un couple, ça challenge le couple. La maladie fait peur, la personne change et c’est difficile de gérer le mal-être. Ca déséquilibre tout.

Mon burn out a commencé quand je suis partie à Londres pour le travail. La séparation ne nous effrayait pas car on avait déjà vécu ça pendant un an et puis Londres c’est la porte à côté et y a qu’une heure de décalage horaire. C’était easy dans ma tête. Au final, ce fut très difficile car j’étais très mal et j’avais besoin de soutien au quotidien et le téléphone n’était pas suffisant. Je me souviens de moments ou ni moi ni Irfan ne savions que j’étais en (pré) burn out et j’étais dans un désespoir total qu’Irfan ne voyait pas et ne ressentait pas. Je me suis sentie seule au monde. Je lui en ai beaucoup voulu quand j’étais dans ma phase de reconstruction mais à distance il ne pouvait pas faire grand chose et surtout il ne pouvait pas se rendre compte tout de suite dans quel état j’étais.

A mon retour, c’est là qu’il a vu l’ampleur des dégâts. Il s’est vraiment senti inutile, il ne savait pas quoi faire ni comment gérer ça. Pour ceux qui ont vu le film Samba et les crises de colère de Charlotte Gainsbourg, ça résume bien mon état à l’époque… ^^ Rétrospectivement, je suis “admirative” qu’il soit resté auprès de moi malgré ces moments difficiles. Voir le désespoir et le mal-être de son partenaire, sans savoir quoi faire ça en pousse beaucoup à tout plaquer.

Même si en soi il ne pouvait rien faire pour moi, il a fait beaucoup car il est resté alors que j’ai remis totalement ma vie en question, il était là pour me réconforter à sa façon quand j’en avais besoin et surtout il m’a soutenu tout au long quand j’ai décidé d’abandonner ma carrière d’avocate pour devenir blogueuse. Il m’a prouvé qu’il était là dans les mauvais moments et c’est plus fort que tout.

Pour ceux qui ont un partenaire qui va mal, bien que vous vous sentiez inutiles, soyez présents pour votre partenaire à votre façon, soutenez-le/la, soyez patient et surtout prenez le temps de l’écouter. Pour ceux qui traversent une période difficile dans leur trajet personnel, acceptez l’aide de votre partenaire, quelle qu’elle soit. Elle ne sera peut-être pas exactement comme vous la souhaitez mais au final ce qui compte c’est qu’elle soit là.

***

Je suis loin d’avoir fait le tour de la question mais j’espère que notre expérience à Irfan et à moi vous parlera et pourra éventuellement vous aider dans votre couple. Si vous avez d’autres conseils ou avez envie de partager votre vécu, je vous invite à le faire en commentaires afin que tout le monde puisse en bénéficier.

Je vous embrasse,

France

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