Mes dernières lectures #4 (+ Bilan du challenge Goodreads)

Ces derniers temps, je n’ai pas eu l’occasion de lire autant que je l’aurais souhaité. Mes lectures en cours ont pour tout dire stagné car j’étais très occupée et pré-occupée par plusieurs choses ces dernières semaines. J’aime toujours avoir quatre ou cinq livres à vous présenter quand je me lance dans la rédaction d’un article “Dernières lectures” mais cette fois-ci, ils seront au nombre de trois. Pas bien grave vous me direz et je suis bien d’accord avec vous.

La fin de 2020 approche et c’est aussi l’heure de faire les bilans. Je m’étais donnée le défi de lire 40 livres cette année sur Goodreads et je suis loin du compte… Je n’avais pas calculé cette nouvelle vie dans les vignes, le lancement de notre vignoble Jus Naturae Wines, une expatriation et un nouveau déménagement.

Je suis actuellement à 23 livres et je finirai sans doute l’année autour de 25. Mon objectif pour l’année prochaine est d’être plus réaliste et moins exigeante avec moi-même. J’avoue que 40 livres ça ne me semble pas beaucoup mais cette année c’était vraiment mission impossible (et Netflix n’aide pas… ;-)).

La lecture n’est pas une compétition et je ne prends pas du tout ce challenge au sérieux. Quand je lis, c’est avec plaisir et pour passer un bon moment de détente, d’évasion ou de suspense selon l’intrigue! J’aime tout simplement l’application Goodreads et suivre mes lectures pas-à-pas. C’est aussi motivant de voir sa progression. Une sorte de jeu plutôt qu’un réel challenge. Pour 2021, on va redescendre un peu sur terre et mettre l’objectif à 30 livres. Ca me semble plus raisonnable surtout que j’aurais encore plus de travail dans les vignes (pssst… on ne vous l’a pas encore dit mais on s’agrandit hihi).

Passons maintenant à mes trois dernières lectures. Un classique sous forme de roman épistolaire, une fiction contemporaine et un roman policier. Une “lecture” audio (c’est toujours étrange de parler de lecture dans ce cas, pas vrai?) et deux lectures “à l’ancienne”. Trois lectures agréables dont voici mon compte-rendu.

Les liaisons dangereuses
par Pierre Choderlos de Laclos

Résumé

Les liaisons dangereuses est un roman épistolaire, sous-titré Lettres recueillis dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres. Il est constitué de 175 lettres et est considéré comme une oeuvre littéraire majeure du 18ème.

Au centre de cette histoire, deux aristocrates brillants et libertins aimant manipuler leur petit monde. Tout d’abord, la marquise de Merteuil, veuve délaissée par son amant, le comte de Gercourt contre lequel elle souhaite se venger. Ensuite le vicomte de Valmont, grand ami de la marquise, à la réputation sulfureuse, occupant ses jours (et ses nuits) à chasser telles des proies ces futures conquêtes, la dernière en date étant la présidente de Tourvel.

C’est l’histoire d’un pacte d’inviolable amitié entre ces deux manipulateurs, poussant la marquise de Merteuil à demander au vicomte de Valmont de séduire la jeune et innocente Cécile de Volanges, promise prochainement au comte de Gercourt.

Mon avis

UN CHEF D’OEUVRE.

Mais que j’ai pris du plaisir à découvrir ce livre! Ca faisait des années qu’il était dans ma pile à lire. Déjà adolescente, je me surprenais à tenter sa lecture (car mes parents ont l’ouvrage à la maison) mais je rebroussais chemin après une page. Je n’avais pas encore la maturité de me plonger dans un roman épistolaire je pense et je ne regrette pas de ne l’avoir découvert qu’il y a peu dans son entièreté.

Je connaissais l’histoire (ou pensait la connaitre) au travers des adaptations cinématographiques réalisées de Stephen Frears (avec Glenn Close et John Malkovich) et de Milos Forman (avec Colin Firth et Annette Bening) mais l’oeuvre est incomparable avec ces dernières. On parle de génie, tant au niveau du style de l’écriture que des pensées exposées.

On baigne dans un contraste de perfidie et d’innocence, de manipulation et de confiance au travers de la correspondance qui s’échange et le lecteur est le seul à avoir toutes les clés en main et à connaitre les intentions de chacun.

Ce roman soulève aussi le rapport au “temps” de l’aristocratie du 18ème siècle (quand il est lu par un contemporain). Le temps consacré à de telles manipulations, de tels échanges dénote l’oisiveté et le manque de réalisation des personnages de l’intrigue. Et je me demande si moi aussi, si j’avais eu des journées à remplir, pour échapper à l’ennui, je ne me serais pas retrouver à échafauder des plans dans ma tête, à créer des intrigues, à jouer tout simplement. Je n’aurais pas été une dévote telle la présidente de Tourvel mais j’ose espérer que j’aurais usé de mon art pour faire le bien. Quoique lisant Emma de Jane Austen pour le moment, je me rends compte qu’en voulant faire le bien, on fait parfois le mal.

Ce livre a fait scandale à l’époque. Perçu comme un livre de libertinage et de débauche, alors que l’intention de l’auteur était tout autre. Il avait pour intention de prévenir les innocents, de leur apprendre à se méfier du joli monde. L’auteur dans sa préface dit d’ailleurs « (i)l me semble que c’est rendre un service aux mœurs que de dévoiler les moyens qu’emploient ceux qui en ont de mauvaises pour corrompre ceux qui en ont de bonnes ». J’aime cette approche, quoique discutable. Préserver l’innocence des jeunes filles comme on le faisait à l’époque et comme on le fait encore beaucoup aujourd’hui, ça ne mène à rien. Quand on est trop innocent dans le sens d’ignorant, on manque d’arme pour se défendre.

Pour en revenir à ma “lecture”, je suis ravie du choix de l’avoir écouter plutôt que lu. Les phrases sont tellement bien tournées que les écouter était un plaisir qui s’ajoutait à celui de l’histoire. J’ai trouvé une version audio fantastique sur Audible. Je n’avais pas d’abonnement mais le premier mois est toujours gratuit. Je ne suis pas sûre de continuer l’abonnement mais je vous encourage à découvrir cette version gratuite le premier mois. C’est une adaptation à plusieurs voix. La voix pour la préface est la seule qui je n’ai pas apprécié mais ensuite les voix pour les correspondances sont parfaites.

Extraits choisis

Ah ! croyez-moi, Vicomte, quand une femme frappe dans le cœur d’une autre, elle manque rarement de trouver l’endroit sensible, et la blessure est incurable.

Ou vous avez un rival ou vous n’en n’avez pas. Si vous en avez un, il faut plaire pour lui être préféré, si vous n’en n’avez pas, il faut encore plaire pour éviter d’en avoir.

Soyons de bonne foi ; dans nos arrangements, aussi froids que faciles, ce que nous appelons bonheur est à peine un plaisir.

Savez-vous, Vicomte, pourquoi je ne me suis jamais remariée? ce n’est assurément pas faute d’avoir trouvé assez de partis avantageux; c’est uniquement pour que personne n’ait le droit de trouver à redire à mes actions. Ce n’est même pas que j’aie craint de ne pouvoir plus faire mes volontés, car j’aurais bien toujours fini par là; mais c’est qu’il m’aurait gêné que quelqu’un eût eu seulement le droit de s’en plaindre; c’est enfin que je ne voulais tromper que pour mon plaisir, et non par nécessité. Et voilà que vous m’écrivez la Lettre la plus maritale qu’il soit possible de voir! Vous ne m’y parlez que de torts de mon côté, et de grâces du vôtre! Mais comment donc peut-on manquer à celui à qui on ne doit rien? Je ne saurais le concevoir!
Voyons; de quoi s’agit-il tant? Vous avez trouvé Danceny chez moi, et cela vous a déplu? à la bonne heure: mais qu’avez-vous pu en conclure? ou que c’était l’effet du hasard, comme je vous le disais, ou celui de ma volonté, comme je ne vous le disais pas. Dans le premier cas, votre Lettre est injuste; dans le second, elle est ridicule: c’était bien la peine d’écrire! Mais vous êtes jaloux, et la jalousie ne raisonne pas. Hé bien! je vais raisonner pour vous…

Ma note : 5/5

Mademoiselle Papillon
par Alia Cardyn

Résumé

Mademoiselle Papillon nous fait voyager dans le temps, tantôt pour découvrir l’histoire incroyable de Thérèse Papillon, tantôt pour suivre Gabrielle, une jeune femme en proie aux doutes face à sa vocation professionnelle.

Toutes deux infirmières, l’une face aux ravages causés par les première et seconde guerres mondiales et la sort des enfants privés de tout, l’autre, au temps qui est le notre, face aux grands prématurés du service de néonatologie intensive dans lequelle elle travaille.

Thérèse Papillon n’est pas un personnage de fiction mais une femme reconnue Juste parmi les Nations, ayant oeuvré toute sa vie à sauver des milliers d’enfants. Infirmière de La Croix-Rouge envoyée au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois en 1920, elle décide de se lancer dans un rêve jugé fou à l’époque: créer un lieu, un havre de paix pour protéger les enfants et s’assurer qu’ils soient logés et nourris. Elle réalise ce rêve dans l’Abbaye de Valloires.

Nous découvrons au travers d’un manuscrit rédigé par la mère de Gabrielle l’histoire de Mademoiselle Papillon, tout en suivant le quotidien de Gabrielle. Au bord du burn-out, cette infirmière dévoué reprend petit-à-petit goût à la vie au travers de cette lecture et décide elle aussi de faire bouger les choses. Une vocation réveillée par ce qu’on appelle “l’effet Papillon”.

Mon avis

J’ai lu ce roman il y a déjà plusieurs semaines et tout en écrivant son résumé pour vous, j’ai ressenti à nouveau les émotions de cette lecture. J’avais les larmes aux yeux. Quelle belle histoire inspirante!

Ces deux histoires racontées en parallèle m’ont fait du bien, tout simplement. Je me suis reconnue autant dans Gabrielle que dans Thérèse Papillon. Je pense que d’une certaine façon, elles sont indissociables, telles les deux faces d’une pièce de monnaie. Parfois, comme Gabrielle, je suis remplie de doutes et je me noie dans des pensées sans trouver bon port. Parfois comme Thérèse, je suis déterminée et comme un taureau plein de vigueur, je fonce tête baissée.

Je ne peux m’empêcher d’envier Thérèse qui a l’air d’être toujours si confiante mais je pense que comme moi, elle avait des moments de doutes, des moments de désarroi. C’est son engagement pour la cause des enfants qui la faisait se battre comme jamais pour leur offrir une vie meilleure.

C’est ce que Gabrielle comprend en lisant son histoire et c’est une jolie leçon pour nous tou.s.tes.

Petit bonus aussi car Alia Cardyn est une autrice belge et que ça fait plaisir de découvrir le talent de mes compatriotes!

Extraits choisis

Faire avec. Jusqu’ici, j’ai plutôt toujours essayé de faire sans, sans ma fatigue, sans ma grande sensibilité, sans mon découragement, comme s’ils n’étaient pas aussi une partie de moi. (…) Faire avec qui je suis. Arrêter de lutter mais faire avec ce que je peux offrir.

Tant de fois je n’ai pu être que cette infirmière inutile, tant de fois je n’ai pu que poser une main sur une épaule et sourire comme si tout allait bien . Finalement, c’est tout ce que l’on a besoin de savoir quelques secondes avant de mourir. Que tout va bien.

Ces enfants s’amusent d’un bout de bois, de quelques cailloux, ils ont les loisirs de ceux qui n’ont rien, et d’un rien ils bâtissent un monde chargé de promesses. Non tenues.

Ma note : 4/5

La Princesse des glaces
par Camilla Läckberg

Résumé

On plonge en plein hiver suédois avec La Princesse des glaces avec pour protagoniste, Erica Falck, une trentenaire, autrice de biographies, qui découvre dans un petit village paisible de la côte, le cadavre d’Alexandra Wijkner, une amie d’enfance avec laquelle elle n’avait plus de contact depuis des années. Tout porte à croire que c’est un suicide mais les apparences sont parfois trompeuses. Au côté de l’inspecteur Patrik Hedström, elle mène l’enquête et découvre des secrets bien gardés que beaucoup ne souhaitent pas déterrés.

Mon avis

Ce fut mon premier Camilla Läckberg et je pense que ce ne sera pas le dernier. Le genre policier j’aime bien mais ce n’est pas quelque chose que j’apprécie de lire constamment. Un de temps en temps, ça me va très bien et j’ai choisi de me pencher sur celui-ci suite aux recommandations de Margaud Liseuse.

J’ai beaucoup aimé être tenue en haleine “tout en douceur”. Camilla Läckberg a un style bien à elle selon moi. Il y a de l’action mais elle n’est pas omniprésente. Elle mise beaucoup plus sur la psychologie des caractères, et c’est ainsi qu’on évolue dans la résolution du crime. En parlant de résolution, c’est aussi une approche que j’ai trouvé réaliste. Parfois, dans un thriller ou roman policier, ça part dans tous les sens et l’enchainement des évènements est peu crédible. J’avais l’impression de mener l’enquête aux côtés d’Erica et Patrik. Et chapeau à l’autrice car j’étais loin de m’imaginer la fin, quoique comme j’ai dit, crédible. Bref, un tout bon roman policier que je veux recommande.

Extraits choisis

N/A

Ma note: 3,5/5

***

Voici pour ces trois dernières lectures. L’une d’entre elles vous tente-t-elle? Que pensez-vous des lectures audio? Et Goodreads, qui s’est lancé un défi par ici?

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